Anau

Anau est le fameux site que nous souhaiterions inscrire sur la liste des MPAs (Aires Marines Protégées) depuis 2004.

Situé à l'opposé de l'unique passe de l'île, ce site est un abri idéal pour les raies mantas vis-à-vis de leurs principaux prédateurs (requins).

Par ailleurs, c'est une station de nettoyage qui s'étend ainsi sur quelques centaines de mètres sous l'eau, ainsi qu'un lieu de regroupement pendant la saison des amours.

Le site dispose de zones peu profondes (4-6m), ainsi que de tombants coralliens qui finissent sur un fond sableux (presque vaseux) qui peut dépasser les 30m. Le corail y est extrêmement varié et étonnement sain pour un site qui est plongé depuis plus de trente ans.

 


Un site exceptionnel

C'est le site sur lequel nous avons fait le plus d'observations car les mantas y sont généralement calmes et aisément observables de par les conditions de plongée (faible profondeur, pas de courant). Par ailleurs, de par sa configuration géographique, le site est praticable quasiment par tous les temps.

De plus les mantas y sont visibles toute l'année avec un pic de fréquentation entre Juillet et Novembre. Il n'y aucun autre endroit au monde où il est possible de suivre des individus distincts sur plusieurs mois voire années en milieu naturel. Pour exemple, nous avons suivi Ziggy, une femelle adulte que nous connaissons depuis les premières plongées en 2001. Nous avons pu suivre 4 de ses grossesses et en déduire un taux de natalité pour l'espèce ainsi qu'un temps de gestation. La dernière fois que nous l'avons vue, c'était en Janvier 2010 et elle avait mis bas un mois auparavant.

Ce site est réellement exceptionnel et même si l'on peut apercevoir des raies mantas dans presque toutes les îles de la Polynésie française, les conditions d'observations n'y sont généralement pas garanties et ne permettent pas un tel suivi.

 

Un site fragile

Le site de Anau est relativement exigu et peut rapidement être "saturé" par les prestataires (plongée sous-marine, snorkelling) qui s'y rendent.

L'activité touristique se développant, notre association a réuni en 2004 l'ensemble des centres de plongée de l'île pour leur demander de limiter le nombre de plongeurs par jour. Ils ont compris les enjeux et on accepté de limiter l'accès à un seul bateau (2 palanquées de 5 plongeurs) par centre et par jour.

Seulement au même moment, deux gros projets hôteliers sont lancés (St Régis et Four Seasons) et comme les hôtels seront situés sur des motus (îlots sableux posés sur la barrière de corail), la base principale des deux chantiers se trouve sur l'île à quelques centaines de mètres de Anau. Ainsi pendant des mois, des barges ont acheminé matériaux et matériel dans d'incessants va et viens. Le chantier du St régis à même déplacé du corail pour créer une passe dans le lagon ce qui évitait ainsi un détour à ses barges. Notre association a dénoncé ces actes qui ont été par la suite condamnés.

Cette sur-activité en surface a ainsi conduit les mantas à soudainement déserter la zone en Juin 2005.

Un retour éphémère en 2007

En 2007, le St Régis a déjà ouvert et le Four Seasons a terminé le gros œuvre de son hôtel. Aussi, le calme est retrouvé sur le lagon d'autant que plus aucun prestataire ne se rend à Anau depuis le départ des mantas en 2005.

Aussi, en Juillet 2007, le retour des mantas est timidement amorcé avec quelques observations. Seulement, le Four Seasons entame la deuxième partie de ses travaux qui sont situés cette fois sur l'île et à proximité immédiate de Anau.

Il faut savoir que la pointe de l'île qui s’avance jusqu'au site de Anau n'est rien d'autre que la décharge de Borabora depuis des années (les mantas n’ont décidemment pas de chance). Le Four Seasons a eu la possibilité d'exploiter ce terrain à condition de le dépolluer entièrement. C'est ce qu'ils ont commencé à faire, puis ils ont creusé dans la montagne au marteau piqueur de telle sorte qu'on entendait les percussions sous l'eau. En Septembre 2007, les mantas partent de nouveau.

Pour la petite histoire, cette partie des travaux du Four Seasons n'a jamais abouti. Ils ont interrompu le chantier sans raison avant même de poser la première brique (la crise financière se fait sentir).

Un second retour en 2009

 

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