Programme d’identification des raies mantas

Ce programme a débuté en Août 2002 à l’initiative de Moeava de Rosemont – plongeur caméraman – qui a vite compris l’intérêt et la fragilité du site de Anau.

Au commencement, il souhaitait en savoir plus sur cet animal fascinant et il a donc entamé un programme d’identification des raies afin d’en estimer la population.

 

La première année, ce sont 53 individus qui sont identifiés (24 Femelles et 29 Males)

En 2003, la population monte à 61 raies mantas identifiées (32 Femelles et 29 Males)  

En 2004, on atteint 76 raies mantas (39 Femelles et 37 Males) et les observations ont permis d’identifier une population résidente (toute l’année) face à une population migratrice (ou plutôt de passage).

Cette même année, l’association MPRP est créée dans le but d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur l’intérêt et la nécessité urgente de créer une Aire Marine Protégée (MPA) permettant l’accès au site sous certaines conditions (horaires adaptés, nombre limité d’observateurs, précautions d’approches…)

En 2005, le nombre de mantas identifiées monte à 87 individus (44 Femelles et 43 Males). Cette année représente une année charnière car elle marque l’arrêt brutal des observations au mois de Juin, suite à la désaffection du site de la part des mantas.

 

Avec le recul, on s’est rendu compte que la population résidente était toujours présente dans le lagon de Borabora (lien) mais avait choisi d’autres sites plus calmes pour se nettoyer. 

Même si aucune étude sérieuse n’a été conduite à se sujet, les raisons semblent être de plus en plus évidentes. En effet, entre 2002 et 2008, Borabora, qui est en fait une toute petite ile, a connu de nombreux projets de constructions hôtelières. Nous sommes avant la crise de 2008, les touristes affluent et la raie manta qui n’était connue que des plongeurs, connait un engouement croissant. Ainsi, en quelques années les bateaux de prestataires d’activités se multiplient et le site de Anau, qui est très petit également, est envahi par les visiteurs (plongeurs, snorkelers, jets skis…).

Un autre facteur est à considérer pour l’évènement de Juin 2005 : la construction des deux plus gros et plus luxueux hôtels de l’île qui se fait à proximité immédiate du site de Anau. Le premier (St Régis) vient de finir d’être construit, et le second (Four Seasons) bat son plein avec toutes les nuisances que cela engendre sous l’eau.

 

Après Juin 2005, des raies mantas seront toutefois observées (en quantités limitées) dans le lagon de l’île (Toopua et la Passe).

Ce n’est qu’en 2007 (Juin à Septembre) que les mantas reviendront à Anau. Les observations sont moins fréquentes et le nombre de mantas observées est moins important. Toutefois, nous assisterons tout de même à des danses de pré accouplement entre males et femelles.

Le retour fut de courte durée, car la construction du Four Seasons entame la deuxième partie de son chantier, situé à quelques centaines de mètres du site (sur l'île, alors que l'hôtel est sur un motu). Des pelleteuses "attaquent" la colline (en bord de mer) de tel sorte que même nous – plongeurs- entendons les percussions sous l’eau. Dès le lendemain, les raies mantas n’étaient plus sur le site.

 

Il faut encore attendre 2009 avant de revoir des mantas revenir à Anau. Fort heureusement (pour les mantas seulement) la crise financière est arrivée.

Borabora a été fortement touché par cette crise qui a stoppé net le développement touristique qui en était devenu frénétique.

Les conséquences directes sont qu’il y a beaucoup moins de bateaux et de nuisances (les travaux des hôtels sont terminés) et les mantas sont tout de même revenues fréquenter le site de Anau.

Les dernières observations qui datent du début de l’année 2010 ont permis de constater au moins trois naissances et depuis juin 2005, même s’il n’y a pas eu de réel suivi, nous avons pu identifier 15 nouvelles mantas en plus des 87 déjà identifiées.

C'est donc un total de 102 Mantas qui ont été identifiées depuis Août 2002.

 

La grande question est de savoir quel est l’état actuel de la population résidente. Nous avons pu revoir certaines mantas familières (telle que Ziggy, une femelle attachante que l’on suit depuis 2002) mais beaucoup d’autres manquent.

 

En conclusion, nous pouvons regretter l'absence de soutien des pouvoirs publics pour une cause qui soutiendrait l'activité touristique tout en préservant la biodiversité du lagon de Borabora.

Les événements des années précédentes ont pu démontrer la fragilité des habitats en milieu lagonnaire face à des nuisances fréquentes et répétées.

 

Heureusement, il n'est pas trop tard puisque les mantas sont de nouveau visibles à Anau, et la création d'une MPA à cet endroit est plus que jamais d'actualité.

 

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